Les meilleures oratrices dans le monde de la cybersécurité

La cybersécurité a connu un fort développement ces dernières années. On constate en effet que de plus en plus de personnes s’inquiètent de la sécurité de leurs données personnelles sur internet. Mais cela concerne aussi les entreprises qui ont réalisé qu’elles ont tout intérêt à investir dans la sécurité informatique pour se protéger des cyberattaques qui se multiplient. Les consciences s’éveillent, et on commence à réaliser la valeur de nos données. Certains tentent de protéger ces dernières en naviguant sur internet uniquement à travers les serveurs VPN, d’autres effacent toutes leurs données et disent adieu au web. Dans tous les cas, le business de la cybersécurité est en pleine expansion et en manque de personnel.

Cependant, le monde de la cybersécurité connait un gros problème de parité, et ce n’est pas nouveau. D’après des chiffres vieux de six ans, les femmes ne représentaient que 11% de la force de travail dans la cybersécurité. Les derniers chiffres sont tombés et aujourd’hui en 2019, elles représentent 20% des travailleurs dans ce domaine professionnel. Il y a donc du progrès mais ces chiffres sont encore trop bas. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’arriver à l’égalité.

Cela est du à de nombreuses raisons. Une mauvaise sensibilisation avant l’université quant aux métiers de la technologie, l’absence de femme dans ce secteur professionnel, le stéréotype généralisé du « geek » à lunettes qui travaille dans les tech. Autant de facteurs qui font que les femmes sont trop peu présentes sur la scène des technologies.

Aujourd’hui, nous allons vous dresser le portrait de quelques-unes des femmes qui ont fait leur place dans le monde de la cybersécurité et qui méritent qu’on leur rende hommage.

Nacira Salvan

Nacira Salvan a commencé son parcours en Algérie où elle a intégré une école d’ingénieur. On ne peut pas dire qu’elle se soit arrêté depuis. En effet, titulaire d’un Bac +11 avec des diplômes passés dans plusieurs universités étrangères et des certifications d’éditeurs de logiciels (elle en possède une bonne trentaine), elle est capable de relever tous les défis techniques et a fait ses preuves dans de nombreuses sociétés telles que 3com, SG2 ou encore Safran.

En 2016, elle crée le Cercle des femmes de la cybersécurité (Cefcys) afin de lutter contre les discriminations des femmes dans ce milieu de de changer l’opinion générale.

Elle travaille à son compte depuis 2017 et est actuellement le chief security officer pour la société Ingenico où elle s’occupe de la stratégie, de la technique et des opérations.

Nacira salvan mène à l’heure actuelle un combat sans merci pour tenter de convaincre l’éducation nationale française de l’importance de sensibiliser les enfants dès l’école primaire à avoir une bonne « hygiène numérique »

Parisa Tabriz

Parisa Tabriz est une experte américaine en sécurité informatique qui travaille pour Google en tant qu’ingénieur en chef. Elle est connu en tant que personnalité médiatique sous le nom de « security princess », soit littéralement : la princesse de la sécurité. Elle a choisi ce surnom en raison de son expérience dans le hacking et la sécurité informatique. C’était aussi pour laisser une sorte de signature reconnaissable sur sa carte de visite.

Elle a été nommé en 2012 par le magazine Forbes dans la liste des 30 personnes de moins de 30 ans à suivre en matière de cybersécurité.

Elle est aujourd’hui responsable de la sécurité de Google Chrome et elle a cofondé en 2018 la  conférence Our Security Advocate (OURSA) en réponse à la conférence du RSA dans laquelle seulement une femme avait pris la parole. Le but de cette conférence est de donner la parole aux personnes qui sont peu représentées dans le monde des tech, en particulier les femmes.

Mylène Jarossay

En voilà une personnalité dans le monde de la cybersécurité ! Après avoir suivit un cursus à l’EPF et à Telecom ParisTech, elle fut l’une des toutes premières femmes à travailler dans le numérique dans le secteur de la santé. Elle a été pendant 15 ans la DSI adjointe et RSSI de l’institut Curie. Apparement, elle aurait commencé à développer un intérêt pour la sécurité dans le domaine de la santé.

C’est en 2015 quelle se lance dans cette branche en devenant la CISO (Chief Information Security Officer) de LVMH. C’est alors une des rares femmes faisant parti de la communauté. Cependant, elle ne se laisse pas décourager.

Elle est la cofondatrice du CESIN ( le club des experts de la sécurité de l’information et du numérique) et elle en a été élu présidente ce 25 juin dernier. Cette organisation a pour objectif d’apporter une vision indépendante et un éclairage sur les enjeux en matière de cybersécurité, grâce au partage d’expérience entre ses membres.

Bien d’autres femmes

Nous ne pouvons malheureusement pas en un seul article parler de toutes les femmes et de leurs exploits dans la cybersécurité. Diane Rambaldini, Emma Philpott, Julier Gommes, Ida Haisma… la liste des noms est très longue. Même si le clivage dans le monde de la tech et plus particulièrement dans celui de la cybersécurité est toujours aussi masculin, les femmes se font de plus en plus remarquer et témoignent de compétences pointues.

On peut espérer qu’au cours des prochaines années, la tendance changera pour se diriger lentement mais surement vers l’égalité des genres dans la cybersécurité. Les métiers de la tech sont des métiers d’avenir, et on ne peut pas exclure les femmes de notre avenir sans risquer de se retrouver dans une société encore plus déséquilibrée qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Il est donc temps de s’affranchir des stéréotypes et de tourner la page du passé. Il faut absolument encourager les femmes à rejoindre le mouvement de la tech et s’assurer que la révolution numérique ne se fera pas sans elles.